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Cinquante femmes leaders des partis politiques et des mouvements associatifs sont formées sur leurs participations aux processus électoraux

Jamais la société n’a été autant préoccupée par la situation de la femme dans le monde. Ces dernières décennies les questions liées aux droits des femmes alimentent des émissions de télévisions, radio, internet, les colloques, les conférences etc. La société tchadienne n’est pas du reste et la participation de la femme dans le processus électoral est au cœur des préoccupations du PILC à travers son partenariat avec National Endowment for Democracy (NED). Ce projet révèle des grands problèmes de types socioculturels comme le poids de la tradition, la religion, le manque de culture politique et l’égoïsme des hommes qui n’encouragent pas la participation de la femme au jeu politique qui continuent de reléguer la femme à un rôle de second plan.

En dépit de l’ouverture démocratique, des discours et politiques de promotion en faveur de la femme tchadienne dans les domaines de l’alphabétisation, de la scolarisation, de la santé, de l’emploi, de l’administration, du politique, du développement…, le fossé entre les hommes et les femmes reste encore important au Tchad.

C’est dans la perspective d’un changement positif de gouvernance que l’implication des femmes est nécessaire d’où la pertinence du présent projet de mobiliser la gent féminine pour les élections communales, législatives et présidentielles à venir dans un contexte normalisé. Les femmes doivent monter au créneau pour revendiquer leurs droits et assurer leur avenir. Et tout ceci n’est possible que si elles font valoir leurs voix en participant à des élections en tant qu’électrices et candidates. Et l’atelier vient à point nommé pour davantage renforcer les capacités de 100 femmes leaders des partis politiques et des mouvements associatifs en deux séquences de 50 femmes par atelier.

Un atelier au profit de 50 femmes…

Pendant trois jours, du 04 au 06 juillet 2022 dans les locaux du CEFOD à N’Djaména, s’est déroulé un atelier de renforcement de capacité des femmes leaders politiques et des mouvements associatifs. Elles étaient une cinquantaine venue de Massakory, N’Djaména, Koundoul, Mandelia, Guelendeng, Bongor, Pala, Léré, Lamé, Kélo, Laï, Gounougaya et Donomanga. Ces femmes ont représenté leurs partis politiques, les organisations de la société civile et les groupements féminins avec un objectif principal : celui de renforcer les capacités organisationnelles de cinquante (50) femmes leaders des partis politiques et des mouvements associatifs afin de maximiser leur implication active dans les prochaines échéances électorales. Mais pas que ! Il était également question de rendre les femmes capables de faire une analyse de la situation socio-politique et économique du Tchad, les amener à être capables d’élaborer et de défendre un bon projet de société et permettre aux organisations des femmes de construire un mouvement/lobbying pour des actions de plaidoyer.

Formation de 50 femmes au CEFOD. Crédit Photo : PILC

… Particulièrement riche en contenus

Pour s’assurer que les 50 femmes soient capables de faire une analyse de la situation socio-politique et économique du Tchad, d’élaborer et de défendre un bon projet de société, de construire un mouvement/lobbying pour des actions de plaidoyer autour d’une cause commune, l’atelier sera co-animé par des juristes de renoms, membres du pool des formateurs du PILC. L’animation sera sous forme de conférence et discussions sur les questions électorales, la citoyenneté, les techniques d’animation et de plaidoyer.

Tout d’abord, les participantes ont bénéficié d’une large connaissance sur la citoyenneté et ses valeurs, les droits et devoirs du citoyen, les traits de la citoyenneté moderne, la situation de la citoyenneté au Tchad, mobilisation et participation, les obstacles et défis de la citoyenneté de la femme qui ont permis de comprendre la neutralité et l’universalité du droit sur la question. Le formateur d’insister qu’exercer la citoyenneté signifie : défendre ses propres droits et chercher à les rendre effectifs, en respectant les droits des autres et en contribuant à ce que lesdits droits soient également réalisés, agir solidairement au sein de la communauté, en assumant des responsabilités et en participant activement aux décisions d’intérêt général, chercher par des moyens pacifiques, la construction d’une société juste et démocratique, où la personne humaine, considérée universellement, est la première des valeurs et où tous sont libres et égaux en dignité et en droits.

Crédit Photo : PILC

Ensuite les cinquante femmes bénéficiaires de cette formation se sont penchées sous l’égide du formateur sur les questions liées au sens et à l’importance des élections dans un Étant démocratique, l’organisation des élections, les acteurs des élections le contentieux électoral et les infractions et sanctions afférentes.

Mais alors pourquoi vote-t-on ? Le dictionnaire de science politique dit ceci : « Dans les démocraties modernes, le vote est la principale technique permettant de désigner les gouvernants ». Il faut donc comprendre que : 

  • Le vote a un lien étroit avec la démocratie : Pourquoi ? Parce que la démocratie est basée sur le respect de la volonté du peuple. L’article 21, alinéa 3 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ne dit-il pas que « la volonté du peuple est le fondement de l’autorité des pouvoirs publics » ? Or, il est très difficile de savoir ce que veut réellement un peuple. C’est pourquoi l’article précité poursuit en disant que « cette volonté doit s’exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement ». Il est donc clair que le vote constitue le principal moyen qui permet de connaître la volonté du peuple. Mais tout ne s’arrête pas là. 
  • L’élection permet aux personnalités élus de devenir des représentants légitimes. Si, par exemple, quelqu’un est élu député, il devient automatiquement une personnalité connue et reconnue par la population. 

L’élection est donc un catalyseur qui transforme les besoins des gouvernés en décisions obligatoires et applicables.

            Dans le même élan, le chapitre sur le contentieux électoral a permis aux participantes de comprendre que les élections sont organisées sur la base d’une loi. Et le non-respect de cette loi peut donner lieu à des contestations par les parties impliquées. La procédure contentieuse selon le type d’élection. Une occasion de parcourir quelques articles clés du code électoral afin de les étayer davantage. 

            Enfin, un troisième module et pas des moindre est animé sur les techniques d’animation, de sensibilisation et de plaidoyer. Ont été abordés les questions sur le sens de la sensibilisation pour un vote, l’animation, les bons messages pour atteindre le public, la planification de la campagne

Avis de quelques participantes à la formation

https://fb.watch/evBTXf1JoC/

1ère phase du projet ‘’participation des femmes aux processus électoraux au Tchad’’ : mieux outiller les acteurs clés pour un impact conséquent

Dans le cadre de la mise sur pieds de son projet de ‘’Participation des femmes aux processus électoraux’’ financé par National Endowment for Democracy (NED), le Public Interest Law Center (PILC) a déployé la première phase dudit projet de février 2021 à janvier 2022 selon un programme taillé sur mesure favorisant la compréhension des enjeux genres liés aux principes démocratiques dont la participation des femmes aux élections.

Véritable question de droit, la citoyenneté féminine a été centrée sur l’exclusion des femmes du domaine public depuis les années 1791. Cette exclusion, pose de grands problèmes liés aux droits de la femme.  Il en est ainsi de la femme tchadienne et de sa place dans la société qui est une véritable problématique de la citoyenneté. 

Dans la tradition libérale, la citoyenneté est définie comme un ensemble des droits ; le « citoyen » est un « sujet de droits », un sujet qui a des droits. La manière la plus courante de penser la citoyenneté, c’est à travers l’existence des droits de l’homme à portée universelle. La difficulté principale à laquelle se heurte la définition de la citoyenneté est le jugement négatif sur le rôle du droit dans la société. Ce rôle était vu comme un instrument masculin visant à ordonner la société à sa mesure. La neutralité et l’universalité du droit ont toujours été contestées par les femmes, qui, selon les époques historiques, ont utilisé tour à tour pour atteindre le même objectif : la dénonciation de leur exclusion du domaine public.

C’est aussi le travail que le PILC s’astreint de mener avec abnégation en impliquant les partis politiques, les Organisations de la Société Civile, les autorités administratives, traditionnelles et religieuses, les médias, les animateurs du PILC, les associations et groupements féminins.

Le bien-fondé de la participation des femmes aux processus électoraux

La question de l’égalité est aussi vieille que le monde et les luttes n’ont guère cessé afin d’arriver un jour à un statut de parité et de respect des droits entre les hommes et les femmes. La gestion de la chose publique longtemps réservée aux hommes (pas toujours pour les meilleures raisons) fait prendre conscience qu’une approche féminine et féministe est possible et que l’égalité peut avoir droit de cité. Ainsi, l’objectif de ce projet est de contribuer au renforcement du processus démocratique par la représentation des femmes dans les instances des décisions à travers les processus électoraux. Il s’agit spécifiquement de :

– Mobiliser les femmes en général et celles leaders des organisations autour des questions de la participation de la femme aux processus électoraux ;

– Améliorer la perception du rôle des femmes dans la gestion politique par l’éducation civique électorale de la population ;

– Aider à la construction du mouvement par les organisations des femmes pour des actions de plaidoyer et de soutien aux femmes candidates.

Un programme déployé dans sa première phase en trois parties

Mettre sur pieds un projet d’envergure nationale exige des approches adaptées pour s’assurer de toucher le maximum de cibles possible. Pour atteindre les objectifs, les activités ont été réparties en trois sous phases. La première allant du 01 février au 30 mai 2021, la seconde du 01 juin au 30 septembre et la troisième d’octobre à décembre de la même année. 

Première vague du 1er Février-30Mai 2021

Pendant un trimestre, des équipes du PILC ont fait plusieurs travaux de terrains dans différentes villes du Tchad et animer plusieurs ateliers. Durant cette période allant de Février à Mai, le projet a réalisé des activités allant majoritairement dans le sens de la préparation du terrain. A cet effet, il a été question :

  • Du lancement et de la finalisation de recrutement du staff du projet ;
  • La cartographie et identification des participants pour le renforcement des capacités (15 Journalistes, 25 femmes leaders politiques et membres des organisations de la société civile (OSC), 15 animateurs et points focaux) ;
  • Le premier numéro du journal « Le Para juriste » publié grâce au financement du NED. Il a pour but de favoriser le partage d’expériences et un apprentissage continu entre les parajuristes, de manière à mieux les outiller pour les séances de sensibilisation des populations, sur l’accès à la justice et la promotion de la Démocratie. Publié en 833 exemplaires, ce bulletin « Le Para juriste » qui parait une fois chaque 4 mois, est également mis en ligne sur le site du PILC.

C’était également une période particulièrement agitée car rythmée par les préparatifs et les élections présidentielle. L’actualité du pays en cette période se prêtait à l’exercice du PILC qui est de faire comprendre tous les enjeux liés à la participation des femmes aux processus électoraux.

Deuxième vague du 1er juin au 30 septembre 2021

Lors de cette deuxième vague, il y a eu principalement :

La formation des journalistes :

La formation des journalistes a eu lieu du 16 au 18 juin 2021 à la maison des Médias. Me Koulmem Nadjiro et le Dr Yedjibaye Yemingar Ngueto ont assuré ladite formation. L’objectif de la formation est de faire des journalistes des partenaires stratégiques pour la mobilisation des femmes dans le processus électoral et donner de la visibilité aux actions du projet. Les journalistes ont reçu des stratégies pouvant leur permettre de mieux formuler des questions adressées aux leaders politiques. La constitution des panels pour des débats politiques, les choix des questions et de leur destinataire ont été longuement débattus. Les participants ont mis en exergue l’incidence de la pertinence des questions sur la perception par le public des forces et des faiblesses des hommes et des femmes politiques. Dans la mesure où la plupart des électeurs n’ont pas de rapport direct avec les candidats, la formation a permis aux journalistes de prendre conscience de leur rôle pour amener les femmes candidates à bien exposer leur programme et à le défendre, mais aussi à ce qu’elles répondent aux préoccupations du public. Ils ont aussi pris conscience de leur rôle dans l’identification des questions ayant trait à la vie politique et à encourager les femmes à plus s’exprimer sur la scène politique.

Séance de formation avec les journalistes. Crédit Photo : PILC
  • La formation des formateurs (animateurs et points focaux du PILC) :

La formation des formateurs (animateurs et points focaux du PILC) a eu lieu à la maison des Médias du 16 au 18 juin 2021 de 8h à 16h. Cette session de formation a été Co- animée par Mme ILDJIMA Agnès et M. ASBAKREO FITTOUIN tous les deux juristes, spécialistes du genre et membre du pool des formateurs du PILC. 

Cette formation a pour but de sensibiliser les participants sur la question électorale et leur permettre de dupliquer en retour la formation aux Para juristes qui constituent la cheville ouvrière du PILC en matière de sensibilisation des populations.

  • La formation des femmes leaders des partis politiques et organisations de la société civile :

Du 30 mai au 02 juin 2021 de 8h à 16h, à la maison des Médias de N’Djamena, la formation des femmes leaders des partis politiques et organisations de la société civile sur la question électorale était animée par Me KOULMEM NADJIRO et M. ASBAKREO FITTOUIN respectivement, avocate au barreau du Tchad et juriste spécialiste du genre, tous les deux membres du pool des formateurs. A la fin de la formation, les participantes ont affirmé avoir acquis de nouvelles connaissances et pris conscience de l’importance de leur participation aux processus électoraux. Certaines déclarent être conscientes désormais que les femmes sont égales aux hommes et que les deux sont des partenaires dans le processus démocratique. Elles ont compris qu’elles peuvent être militantes, éligibles et électrices, et leurs contributions sont essentielles pour bâtir une société forte et dynamique. L’occasion leur a été donnée de prendre des engagements pour restituer cette formation à leur base afin d’inciter les femmes à se présenter aux élections.

Formation des femmes leaders des partis politiques et OSC. Crédit Photo : PILC
  • La production des outils de communication :

La production des outils de communication telle que :

  • le journal du para juriste en 833 exemplaires. Ce numéro a mis le projecteur sur le projet et ses objectifs tout en éclairant les lecteurs sur les autres activités du PILC ;
  • 100 tee-shirts ont été imprimés pour la sensibilisation sur les questions électorales ;
  • Une émission télévisée a été réalisée et diffusée à la télévision Electron TV Canal 291 afin de discuter de la participation de la femme dans la politique, des enjeux et des perspectives dans le contexte actuel. Le thème ‘’Femmes et politique’’ a été débattu durant 02 heures d’horloge par 02 femmes leaders politique et de la société civile ; 
  • Une émission radio a également été animée sur le thème ‘’Femme-Politique-Religion’’.

Troisième vague du 1er octobre 2021 au 30 janvier 2022

Cette dernière phase a vu naitre le dialogue intergénérationnel (Forum) de haut niveau qui a réuni les institutions internationales et nationales, les leaders religieux et traditionnels, les membres de la société civile et les partis politiques des 14 localités a aidé à casser le mythe sur la faible participation et représentation des femmes causée par les facteurs tels que: la persistance des inégalités et les disparités de genre à tous les niveaux, le poids de certaines pratiques culturelles et religieuses néfastes, discriminatoires qui, fréquemment relèguent la femme au second rang, renforçant ainsi les notions patriarcales d’incapacité des femmes à la direction, la perpétuation des violences contre les femmes au cours du cycle électoral, l’illettrisme (89% des femmes au Tchad), la dépendance économique des femmes aux hommes…

Ce dialogue a été une occasion pour trouver des méthodes et techniques de concert avec les participants qui devront s’engager pour : mobiliser les femmes en général et celles leaders des organisations autour des questions de la participation de la femme aux processus électoraux, améliorer la perception du rôle des femmes dans la gestion politique par l’éducation civique électorale de la population et aider à la construction du mouvement par les organisations des femmes pour des actions de plaidoyer et de soutien aux femmes candidates.

Les participants au forum intergénérationnel. Crédit Photo : PILC

Les restitutions

Ensuite, il y a eu la restitution des formations des Femmes leaders, des Journalistes, des Animateurs et Points Focaux en sensibilisant la population à l’exemple des associations et groupements féminins dans différentes localités sur la nécessité de la participation de la femme aux processus électoraux. L’objectif global de la restitution était de susciter l’intérêt des femmes, de les mobiliser et de les outiller afin de promouvoir leur participation dans tous les processus électoraux et de les impliquer dans la gestion des conflits liés aux élections, de rappeler les droits fondamentaux et les devoirs du citoyen afin de les informer encore et d’avantage sur les droits inaliénables et inviolables. Les rapports de restitution (émissions, articles, rencontres, …) ont ensuite été envoyés au PILC. 

S’en est suivie une restitution de la formation aux Para Juristes qui constituent la cheville ouvrière du PILC par les animateurs et Points Focaux dans l’objectif de toucher la grande partie de la population de la zone d’intervention de PILC. Le forum quant à lui a fait l’objet d’une évaluation le 20 Janvier 2022.

Examen et évaluation de la première phase du projet de la participation des femmes aux processus électoraux

De février 2021 à janvier 2022, des activités ont été réalisées allant dans le sens de l’implication des femmes dans le processus électoral. L’objectif de ce projet est de contribuer au renforcement du processus démocratique par la représentation des femmes dans les instances des décisions à travers les processus électoraux. Toutes les activités telles les formations, la sensibilisation, la production des outils de communication (journal, tee-shirt) ont été bien exécutées sans grandes difficultés. 

Exceptionnellement, il faut relever le désistement à la dernière minute de certains partis politiques tel que le Mouvement Patriotique du Salut (MPS) dans les séances de formations et émissions radio-télévisées sans justification.

Les femmes ont démontré leur capacité à s’auto organiser et les activités que le PILC avec le soutien de NED met en œuvre à travers ce projet vont inévitablement garantir les droits électoraux des femmes et accroître leur participation aux élections future à la fin de la transition qui durera 18 mois. Toutes les mesures nécessaires pour éliminer les inégalités, fixer des objectifs et prendre des mesures de sensibilisation visant à susciter un changement durable des mentalités et des traditions afin que la participation des femmes aux élections soit pleine et entière à tous les niveaux sont en train d’être consolidés avec les partenaires stratégiques identifiés qui sont renforcés.

La sous-représentation des femmes dans l’exercice des fonctions électives et à dans les instances dirigeantes entrave le plein épanouissement de la démocratie. Pourtant, leur présence au sein des parlements et des autres assemblées élues est une composante essentielle de la démocratie. Les médias sont sensibilisés à ce sujet, et intégrés dans les programmes d’éducation civique de l’électorat. Ils vont informer, éduquer la population et spécifiquement les femmes pour leurs participation et représentation aux processus en tant que votant comme candidates. Il est cependant indispensable de noter que les femmes ne disposent pas de ressources à investir dans la couverture médiatique de leur programme politique. Se basant sur les programmes spécifiques de formation sur la participation aux processus électoraux à destination des femmes qui ont été déroulés lors des formations, nous pouvons affirmer que la tendance va se renverser aux élections futures et que nous assisterons à un mouvement fort féminin lors des présidentielles, législatives et municipales pour la démocratie.

PILC et NED, une alliance pour l’accès à la justice et à la démocratie

Le 12 Avril 2021 pour la mise en œuvre du projet : « Participation des femmes aux processus électoraux », le Public Interest Law Center (PILC) a reçu un financement de National Endowment for Democracy (NED) pour contribuer au renforcement du processus démocratique par la représentation des femmes dans les instances des décisions à travers les processus électoraux. Cette alliance arrive à un moment où le Tchad traverse une crise sans précédent liée à son système démocratique. La période pré et post-électorale de 2021 pendant laquelle les institutions de l’État étaient paralysées et les contestations fusaient de toute part pour réclamer le report de l’élection présidentielle d’Avril 2021 jugée non crédible. Ce moment fut également marqué par de violentes répressions à l’endroit des mouvements composés de différentes corporations de la société civile et des partis politiques de l’opposition qui ont organisé des marches pacifiques. 

A ces faits politiques, s’est ajoutée la pandémie de la COVID-19 et toutes ses contraintes liées aux multiples confinements. Des libertés fondamentales comme celle d’expression était limitée avec d’intempestives coupures d’internet et celles de manifestation et de réunion particulièrement restreinte.

Le tombé des dominos…

Les événements allant à l’encontre de la démocratie se succèdent. Face à ces situations tant urgentes qu’inquiétantes, le PILC, fait partie des organisations de la société civile qui ont sollicité le report des élections afin que les conditions adéquates soient mises en place. Malgré toutes ces contestations, l’élection présidentielle a eu lieu le 11 Avril 2021 à l’issue de laquelle, le Feu candidat M. Idriss Deby Itno, a été déclaré élu par la CENI. Une CENI tout aussi contestée parce qu’inféodée au pouvoir. Certains partis politiques de l’opposition ont été illégalement exclus de la course tandis que d’autres ont appelé au boycott. Un boycott qui a été diversement suivi sur toute l’étendue du territoire car les bureaux de vote étaient visiblement très peu fréquentés par les citoyens.  

La mort du feu candidat M. Idriss Deby Itno annoncée un jour après la proclamation des résultats a complexifié la situation sociopolitique déjà tendue. Un comité militaire de transition (CMT) dirigé par son fils M. Mahamat Idriss Déby a été mis en place en violation des dispositions constitutionnelles. Ce coup de force décrié par l’opinion nationale, avec des manifestations populaires dont la plus réprimée est celle du 27 Avril 2021. Ladite manifestation a occasionné plus d’une dizaine de morts et Sept cents (700) supposés manifestants ont été arrêtés. Des manœuvres ont été ainsi mises en avant pour maintenir le clan du Feu Président au pouvoir. 

La société civile dans sa grande majorité, continue de réclamer une transition politique dirigée par des civils. Une telle transition devrait organiser un dialogue national inclusif, du point de vue des participants et des thèmes et aboutir à la mise en place d’un gouvernement de transition devant organiser entre autres tâches, des élections crédibles. C’est dans cette perspective que le projet reste pertinent afin de mobiliser la gent féminine pour les élections communales, législatives et présidentielle.

NED et PILC : une alliance de l’espoir…

Avec l’installation, le 14 août dernier, d’un Comité d’organisation du dialogue national inclusif composé de 70 membres de divers horizons, le CMT veut affirmer sa volonté de tenir ses objectifs de transition démocratique dans les 18 mois avec en ligne de mire, l’organisation des élections présidentielles et législatives. Mais les défis sont grands en ce qui concerne l’organisation de ces élections libres, tout en garantissant la stabilité politique et sécuritaire du Tchad. 

Comme à l’accoutumée, le PILC se met à hauteur de la population afin de garantir un accès équitable à la justice en ces temps troubles avec une alliance particulièrement riche mettant l’accent sur la participation des femmes aux processus électoraux.

National Endowment for Democracy (NED) ou un engagement certain pour la démocratie dans le monde

Le National Endowment for Democracy (NED)/Fondation Nationale pour la Démocratie est une fondation privée à but non lucratif des États-Unis, fondée en 1983 sous le gouvernement de Ronald Reagan, dont l’objectif déclaré par les autorités américaines est le renforcement et le progrès des institutions démocratiques à travers le monde. Depuis sa création conjointement par les républicains et les démocrates, la fondation est restée bipartite. Elle est dirigée par un conseil équilibré entre les deux partis et est soutenue par l’ensemble des formations politiques du Congrès. 

Des fonds de la fondation vont à plusieurs centaines d’ONG réparties dans le monde. Ainsi, chaque année, la fondation distribue plus de 1000 subventions pour soutenir les projets de groupes non gouvernementaux à l’étranger qui travaillent pour des objectifs démocratiques dans plus de 90 pays. Depuis sa création en 1983, la fondation s’est engagée sur tous les fronts, là où la démocratie est un combat, tout en évoluant vers une institution à plusieurs facettes qui constitue un point central d’activité, de ressources et d’échanges intellectuels pour les activistes, les praticiens et les boursiers attachés à la démocratie partout dans le monde.

L’alliance entre la fondation et le PILC est de mobiliser les femmes tchadiennes à un dynamisme qui prolonge leur volonté de participation dans la vie politique, mais aussi économique et sociale du pays. Qu’elles puissent exercer leur pouvoir dans la vie quotidienne dans ses multiples dimensions. Les femmes qui s’expriment de plus en plus ne veulent plus seulement prendre part, comme des hommes, à la sphère politique mais transcender cette division traditionnelle des tâches. 

Dans cette alliance, il s’agira de manière spécifique de mobiliser les femmes en général et celles leaders des organisations autour des questions de la participation de la femme aux processus électoraux, améliorer la perception du rôle des femmes dans la gestion politique par l’éducation civique électorale de la population et aider à la construction du mouvement par les organisations des femmes pour des actions de plaidoyer et de soutien aux femmes candidates. Ceci décliné en plusieurs ateliers de formations à l’endroits des femmes de différentes corporations et provinces du Tchad pour un effet maximal afin que leur représentativité dans les prochaines élections ne soit pas que chimère. En quête de démocratie, de parité et de justice, cette alliance entend contribuer à écrire non pas seulement un nouveau chapitre mais un tout nouveau livre.