Étiquette : PAN

Atelier de calcul des coûts et budgétisation du plan d’action national sur la résolution 1325 du conseil de sécurité des Nations Unies 

En Mai et en Août 2022, deux ateliers sur la résolution 1325 ont eu lieu à N’Djaména sur le thème : « Amplifier la voix des femmes pour une mise en œuvre inclusive et efficace : élaborer un plan d’action national sur les résolutions sur les femmes, la paix et la sécurité au Tchad ».
Dans le monde, 103 pays ont déjà leur Plan d’Action National. Au Tchad, le processus a été enclenché en 2020 par le gouvernement avec l’appui technique, matériel et financier des partenaires de développement afin d’améliorer la situation de la femme et de la fille tchadienne. Il s’agit du Département fédéral des Affaires étrangères Suisse (DFAE) et l’Agence espagnole de coopération internationale au développement à travers Global Network of Women Peacebuilders (GNWP), une ONG internationale experte mondiale matière d’élaboration des plans nationaux et le Public Interest Law Center (PILC), une organisation nationale qui travaille dans le domaine de l’accès à la justice, de la lutte pour l’égalité entre homme et femme, contre les violences basées sur le genre ainsi que pour la promotion de la bonne gouvernance. D’autres partenaires impliqués sont entre autres, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le Fonds des Nations Unies pour la Population (FUNUAP), le Fonds des Nations Unions pour l’Enfance (UNICEF), l’Union Africaine (UA) et la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC). Des progrès notoires sont à relever en termes du développement du PAN de la Résolution 1325 et la mise en œuvre de l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité au Tchad ces derniers temps.

Ces activités ont été menées dans une démarche inclusive et participative. Un atelier d’écriture du PAN a permis aux acteurs de donner les grandes lignes du PAN, cela a permis aux consultants d’élaborer le premier draft du PAN qui a été validé lors de la 2eme consultation nationale. Le PAN étant validé il s’agit à cette phase d’y adjoindre un budget qui en garantisse la mise en œuvre. C’est à cet effet que du 06 au 07 décembre 2022 à l’Hôtel Radisson Blu s’est tenu un atelier de calcul des coûts et de budgétisation sensible au genre afin de permettre aux acteurs de budgétiser toutes les activités du PAN. Il est important de noter que l’objectif principal de cet atelier d’écriture est de contribuer à la rédaction et à la mise en œuvre du PAN de la résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour le compte du Tchad.

1er jour d’atelier. Crédit Photo : PILC

Pourquoi un atelier de calcul de coût et de budgétisation du PAN ?

Il est a noté que l’atelier de budgétisation est mené en partenariat avec le ministère des Finances et la participation d’un expert local, spécialiste en budgétisation sensible au genre (GRB). 35 personnes, membre du comité de coordination 1325, représentant(e)s des principaux ministères clés, des partenaires internationaux au développement et des médias ont participé à cet atelier. Le GNWP a rejoint la formation en virtuel et développant le module pour l’atelier de calcul des coûts, sur la base de sa méthodologie testée et éprouvée. Le PILC y a adjoint des contributions substantielles, pour s’assurer qu’il est adapté à la réalité tchadienne et co-facilitera les formations avec GNWP.

Ces deux jours d’atelier ont permis de mettre à disposition un PAN entièrement chiffré et un budget du PAN avec des engagements budgétaires concrets de la part des ministères clés et des partenaires techniques, financiers et matériels.

Ceci dans le but d’améliorer la connaissance et la compréhension du paysage international du financement des PAN et des bonnes pratiques pour l’évaluation des coûts et la budgétisation du PAN parmi les principales parties prenantes nationales ; accroître les capacités des autorités nationales à appliquer les principes de la budgétisation sensible au genre dans l’évaluation des coûts et la budgétisation d’un PAN ; calculer le coût des activités du PAN et s’assurer qu’un budget réaliste est élaboré ; familiariser les participants à l’atelier avec le modèle de calcul des coûts du PAN et sélectionner et valider une équipe de l’établissement des coûts et de la budgétisation.

L’expert en plein entretien avec les participants. Crédit Photo : PILC

Pour quels résultats ?

Au sortir de cette assise, les travaux ont eu pour but d’améliorer la connaissance et la compréhension du paysage international du financement des PAN et des bonnes pratiques pour l’évaluation des coûts et la budgétisation du PAN ; les capacités des autorités nationales à appliquer les principes de la budgétisation sensible au genre dans l’évaluation des coûts et la budgétisation d’un PAN sont accrues ; les coûts des activités du PAN sont calculés et un budget réaliste sont élaborés ; les participants à l’atelier se sont familiarisés avec le modèle de calcul des coûts du PAN ; une équipe de l’établissement des coûts et de la budgétisation est sélectionnée et validée.

Concrètement de quoi était-il question ?

Plusieurs points saillants étaient à l’ordre de ces deux jours de travaux intense parmi lesquels :

Le cycle et processus de budgétisation nationale

Il était question d’introduire le cycle de budgétisation du gouvernement, ses différentes étapes et les parties prenantes impliquées suivi d’un exemple de politique qui a été financée par le gouvernement et le processus d’évaluation des coûts et de budgétisation qu’elle a impliqué. Enfin, une discussion interactive en plénière et en petits groupes de 03 à 04 personnes sur les politiques, le cycle et le processus de budgétisation du gouvernement, notamment en ce qui concerne leur caractère sensible au genre a été organisée.

Présentation et exercice de budgétisation sensible au genre (BSG)

L’expert est revenu sur la définition des concepts clés et ceux associé à la budgétisation sensible au genre. Dans une approche interactive, les participants ont été invités à donner leur avis et à partager leurs expériences à différents stades de la présentation. Ce qui a permis l’identification des participants qui ont une connaissance/expérience de la BSG. Puis le travail en petits groupes a permis de s’assurer que chaque groupe comprenne au moins une personne ayant une connaissance de la BSG. Les groupes se vus confier une tâche/un exercice interactif qui les aide à comprendre les principes de la BSG dans la pratique.

Discussion avec les partenaires en visioconférence. Crédit Photo : PILC

Présentation du modèle de calcul des coûts et du budget

Présentation du modèle de calcul des coûts et du budget et explication de la manière dont il permet de calculer le coût des différentes activités du PAN.

Pour illustrer l’exercice, la personne ressource peut calculer le coût d’une activité avec l’ensemble des participants.

L’animateur donnera aux participants des “devoirs” (impression du modèle de calcul des coûts et du budget) et leur demandera de réfléchir aux coûts nécessaires à la mise en œuvre d’une activité spécifique du modèle de PAN (différentes activités peuvent être confiées à différents participants), ce qui les préparera mieux à l’exercice de calcul des coûts.

L’animateur demandera ensuite à un membre de l’agence de mise en œuvre du PAN [du pays] de diviser les participants en groupes de 3-4 personnes maximum.

Exercice de calcul des coûts et de budgétisation

Lors de cet exercice, les participants ont été subdivisés en plusieurs groupes en fonction des piliers/priorités du PAN. Chaque groupe a reçu le modèle de calcul des coûts et du budget et sur la base dudit modèle, ils ont appris à décomposer les activités identifiées dans le PAN en actions spécifiques (étapes) et identifier les coûts correspondants.

Développer une feuille de route pour la budgétisation et la mise en œuvre du PAN

L’atelier ayant reçu bon écho auprès des participants, il a été établi un document sur trois grands points pour de nouvelles perspectives. Il s’agit de s’accorder sur les prochaines étapes clés de la mise en œuvre du PAN, définir le calendrier des ” prochaines étapes ” et solliciter des engagements concrets pour la mise en œuvre du PAN, et son financement.

Les consultations nationales du Plan d’action national (PAN) sur la Résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies 

Le 31 octobre 2000, le Conseil de sécurité des Nations unies adoptait la résolution 1325 sur les femmes, la paix et la sécurité. Cette résolution reconnaît l’impact des conflits armés sur les femmes et les filles et œuvre pour la protection et la pleine participation de celles-ci aux accords de paix. Laquelle résolution est essentielle pour la promotion des droits de la personne, du développement et de la bonne gouvernance, en particulier dans des contextes de sécurité complexe, tels que celui du Tchad. Le pays ne dispose pas encore d’un plan d’action national pour la mise en œuvre de la résolution 1325. Tout de même, quelques progrès dans le développement d’un cadre juridique permettant de faire avancer les droits des femmes en garantissant leur protection et de veiller à ce que leurs contributions aux divers aspects de la gouvernance, du développement, de la paix et de la sécurité sont timidement reconnues et soutenues. 

Pour saisir l’opportunité d’une nouvelle approche plus inclusive, le Département Fédéral des Affaires Etrangères Suisse (DFAE) et l’Agence Espagnole de Coopération Internationale au Développement (Agencia Española de Cooperación Internacional para el Desarrollo) , dans le cadre du soutien au Ministère de la Femme, de la Famille et de la Protection de l’Enfance du Tchad, a mandaté le Global Network of Women Peacebuilders (GNWP) (le réseau mondial des femmes meneuses de la paix), une ONG internationale et experte mondiale en la matière et le Public Interest Law Center (PILC), une organisation nationale qui travaille dans le domaine de l’accès à la justice, de la lutte pour l’égalité entre l’homme et la femme, les violences basées sur le genre ainsi que la promotion de la bonne gouvernance. Faisant front commun, ces organisations travaillent à faire connaitre l’importante contribution que les femmes peuvent apporter à la sécurité́ et à la réconciliation. Elles préconisent une représentation accrue des femmes dans la prévention et la gestion des conflits en soulignant la nécessité́ d’intégrer une perspective du genre dans la mise en œuvre des accords de paix, les processus de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR) et la formation des soldats de la paix.

En Mai et en Août 2022, deux ateliers sur la résolution 1325 ont eu lieu à N’Djaména sur le thème : « Amplifier la voix des femmes pour une mise en œuvre inclusive et efficace : élaborer un plan d’action national sur les résolutions sur les femmes, la paix et la sécurité au Tchad ».

Travaux de groupe lors du 1er atelier PAN. Crédit Photo : PILC

Premier atelier d’écriture du Plan d’Action National sur la Résolution 1325 : Du 03-06 mai et 09-10 mai 2022 à N’Djamena

D’amblée, il est important de noter que l’objectif principal de cet atelier d’écriture est de contribuer à la rédaction et à la mise en œuvre du PAN de la résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour le compte du Tchad. Et plus spécifiquement, il était question de faciliter la rédaction du premier PAN Femme, Paix et Sécurité (FPS) du Tchad en développant une méthodologie précise, finaliser les objectifs et les résultats du PAN en ligne avec les activités de validations et les consultations sectorielles, valider et développer la théorie du changement et des activités concrètes pour chaque produit/résultat, élaborer un cadre de suivi et d’évaluation du PAN.

Cet atelier organisé par le Ministère de la Femme, de la Famille et de la Protection de l’Enfance (MFFPE) du Tchad, a vu la participation des ministères sectoriels, des Partenaires Techniques et Financiers (PNUD, Union Africaine, UNICEF, Coopérations suisse et espagnole, Global Network of Women Peacebuilders, PILC, l’UNFPA, etc.), et des Organisations de la Société Civile (OSC). Plusieurs modules ont été abordés grâce à une méthodologie participative et inclusive fondée sur des présentations des expert.e.s, des travaux de groupes, des validations en plénière et des résultats  antérieurs des consultations locales et sectorielles.

Lancement de la deuxième consultation du PAN en août 2022. Crédit Photo : PILC

Les travaux de l’atelier d’écriture, animé par des expert.e.s du GNWP, du PILC et du MFFPE, etc. sont exécutés en deux phases. Il y a des travaux de groupes et des travaux réalisés en plénière, puisque l’approche se veut participative et interactive. Et le tout alterné par des pauses. Des échanges et discussions tout au long de l’atelier ont permis d’affiner les résultats des consultations locales et sectorielles.

Lors de ces premières assises, plusieurs points ont émaillé les échanges : la résolution 1325 et les bonnes pratiques (qui souligne les progrès et les lacunes dans la mise en œuvre de l’agenda ainsi que les bonnes pratiques et les questions émergentes dans l’agenda FPS), femmes, paix et sécurité dans le contexte tchadien, résultats des consultations sectorielles… le tout nourri par des échanges multiformes dans le but de garantir la pleine participation, significative et efficace des femmes et jeunes femmes diverses, y compris (les femmes handicapées, les retournées, les organisations des femmes de différentes confessions religieuses, les groupements féminins locaux/ruraux, les femmes arabophones, les femmes commerçantes, etc.), dans les mécanismes locaux, régionaux et nationaux de la prise de décision(le dialogue national, le Conseil National de Transition, le Comité technique spécial relatif à la participation des politico-militaires au dialogue national, les différentes structures de gestion des élections, les comités de gestion des conflits éleveurs-agriculteurs) ; Contribuer à la connaissance des lois concernant la protection des droits des femmes, notamment les mécanismes juridiques nationaux, régionaux et internationaux : la Convention relative à toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF), la Charte Africaine des Droits et des Peuples, le Protocole de Maputo, la Constitution  du Tchad, La Loi n°006/PR/2002 du 15 avril 2002 portant promotion de la santé de reproduction, La loi n° 029 /PR/ 2015 sur l’interdiction du mariage des enfants ; l’ordonnance n• 012 du 22 mai 2018 instituant la parité dans les fonctions nominatives et électives en République du Tchad et son décret d’application no 0433, la Politique Nationale Genre (PNG) en 2017, et la stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre ; garantir la pleine participation, significative et efficace des femmes et jeunes femmes dans les mécanismes de la prévention des conflits au niveau local, national et international ; Réduire et contrôler le trafic et la circulation des armes légères et de petits calibres…

Les échanges avec les participantes aux ateliers. Crédit Photo : PILC

Deuxième consultation nationale du Plan d’Action National sur la Résolution 1325 du conseil de Sécurité des Nations Unies : 03 août 2022 à N’Djamena

PILC mène des activités intégrantes de la mise en œuvre des résolutions FPS et à participer avec GNWP au processus de définition de la cartographie des priorités en vue de l’élaboration du PAN.  D’autres partenaires notamment le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le Fonds des Nations Unies pour la Population (FUNUAP), le Fonds des Nations Unions pour l’Enfance (UNICEF), l’Union Africaine (UA) et la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC) ont rejoint le processus en mettant à disposition leur appui financier, technique et matériels. Une feuille de route pour l’élaboration du PAN a été adopté et plusieurs activités ont été mené afin d’asseoir une démarche inclusive et participative pour l’élaboration du PAN afin d’en garantir l’appropriation par les différents acteurs au premier rang desquels le Ministère de la femme. 

Lors de cette deuxième consultation, il a été question de   Finaliser le Plan d’Action National (PAN) et requérir le feedback supplémentaire de différents partenaires afin de parvenir à la validation technique du document.