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PILC lance un appel à candidature pour la 5ème édition du concours de plaidoiries !

La cinquième édition du concours de plaidoiries marquant les 16jours  d’activisme de la campagne mondiale contre les violences basées sur le genre organisée par le Public Interest Law Center (PILC) en collaboration avec le Ministère de la Justice chargé des Droits Humains, la Délégation de l’Union européenne et l’Ambassade de France vient d’être officiellement lancée.

Les étudiants en droit et juristes tchadiens peuvent concourir en envoyant dès à présent leur dossier de candidature avec la mention « Concours de Plaidoiries 2022 » sur l’enveloppe directement au siège du PILC sis au quartier Amtoukouïn, derrière le marché Adala ou par WhatsApp au numéro 68.92.26.59 au plus tard le vendredi 25 novembre 2022 á 13h.

LES DOSSIERS DE CANDIDATURE DOIVENT ETRE COMPOSES DE :

  • Une letter de motivation ;
  • Une copie de la pièce d’identité ;
  • Une copie d’attestation de niveau ;
  • Un cas pratique élaboré sur la base d’une thématique liée aux violences basées sur le genre choisie sur la liste ci-dessous.

LES THEMATIQUES A CHOISIR :

  • Harcèlement sexuel ;
  • Mariage de mineure ;
  • Viol de mineure ;
  • Coups et blessures volontaires, traitements inhumains et dégradants ;
  • Excision (Atteinte à l’intégrité de l’organe génital d’une personne de sexe féminin)

Les candidatures féminines sont encouragées.

Seuls les candidats présélectionnés seront contactés.

Les trois premiers lauréats seront primés.

Pour plus d’infos contacter les numéros: 63.26.22.82/68.69.65.99

Accès à la justice et promotion de la Démocratie : la grande mission de terrain du collège des conseillers du PILC dans une dizaine de villes du Tchad 

Le PILC va toujours où les cris, les hurlements, les désolations… liés à l’injustice l’appellent. D’autant plus que cela ne manque point. De façon régulière, l’équipe du PILC effectue des missions de suivis et évaluation afin de s’enquérir des réalités du terrain de plus en plus loin de N’Djaména d’où sont pilotés les projets dans le but de s’assurer que chaque tchadien a bien accès à la justice. C’est très souvent l’occasion des rencontres, des jauges de l’effectivité des actions, de réajustement au besoin de mesurer l’impact des activités dans le quotidien des bénéficiaires et bien plus encore. 

L’équipe de la mission au centre d’écoute de la ville de Kélo. Crédit Photo : PILC

A l’origine de cette mission, un partenariat avec Pain Pour Le Monde (PPLM)

La mission du collège des conseillers du PILC pour le suivi des activités des para-juristes sur le terrain dans le cadre du projet “Accès à la justice et promotion de la Démocratie : éducation civique, sensibilisation, aide juridique et assistance judiciaire”, mis en œuvre par le PILC avec le soutien de Pain Pour Le Monde (PPLM) a duré une dizaine de jours. Ceci résulte d’un partenariat précédent entre le Public Interest Law Center (PILC) et Pain Pour Le Monde (PPLM) discuté avec la plus grande attention en décembre 2021 sur la situation sociopolitique afin de faire avancer la cause des droits de l’Homme au Tchad.

L’équipe en charge de la mission à N’Djamena. Crédit Photo : PILC

Au total, 04 Hub sont concernés par cette mission

Cette mission a commencé par le Hub 01 qui regorge les villes de Massakory, Koundoul et N’Djaména, puis, les Hub 2 et 03 qui regroupent les villes de Guelendeng, Bongor, Kélo et Doba et enfin le Hub 04 avec les villes de Koumra, Bedaya, Sarh. 

Dirigés et animés par les parajuristes, ces Hub constituent des points stratégiques dans le déploiement des activités du PILC, lesquels para juristes constituent indéniablement sa cheville ouvrière.

Un programme riche et varié a été déployé dans le cadre de cette mission

Il faut noter que c’est toujours un grand moment pour le PILC et son collège de conseillers d’effectuer des missions de terrain. Il y va du bon fonctionnement du PILC mais c’est également de grands moments de rencontres, des instants privilégiés où l’équipe est en immersion au plus près des réalités du terrain souvent amères mais avec l’espoir de la lumière du bout du tunnel.

La mission a présenté ses civilités aux autorités locales, discuté avec celles-ci sur les questions de droit de l’homme, d’accès à la justice… puis fait le tour des centres d’écoute du PILC qui reçoivent, orientent, conseils et assistent des personnes en situation de précarité judiciaire. Et enfin des discussions avec les parajuristes et les bénéficiaires de l’action du PILC en partenariat avec Pain Pour Le Monde (PPLM) sur l’impact réel des activités.

Rencontre avec Mme la Gouverneure de la région du Hadjer Lamis. Crédit Photo : PILC

Une mission idoine. Bien que…

C’est donc avec un sentiment global de satisfaction que la mission est retournée à N’Djaména après une dizaine de jours d’immersion dans les réalités des différents Hub. Consciente que les efforts devraient être multipliés, les actions accrues et les activités de terrain renforcées.

L’accès à la justice et les inégalités gagnent du terrain et le moindre effort qui lutte contre ces phénomènes est un appel à l’espoir.

Stop aux violations des droits humains. Crédit Photo : PILC

50 femmes réunies pour le deuxième atelier de renforcement des capacités des femmes leaders des partis politiques et des mouvements associatifs 

Dans le cadre de son projet consacré aux enjeux liés à la participation des femmes aux processus électoraux au Tchad, le PILC a organisé une deuxième formation du 12 au 14 juillet en faveur de 50 femmes leaders des partis politiques et des mouvements associatifs au CEFOD venues du Hub 03 (Moundou et Doba et du Hub 04 (Koumra et Sarh). Au total, ce sont 100 femmes formées en deux vagues qui ont bénéficié de cette formation.

L’alinéa 3 de l’article 21 de la Déclaration universelle des droits de l’homme affirme que « la volonté du peuple est le fondement de l’autorité des pouvoirs publics ; cette volonté doit s’exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote. » Ceci signifie donc que chaque peuple a le droit de choisir lui-même ses dirigeants et que personne ne doit s’imposer comme leader par la force.

03 jours de formation à l’endroit de 50 femmes. Crédit Photo : PILC

La Charte Africaine des droits de l’homme et des peuples (Art.13), l’Acte constitutif de l’Union Africaine (Art.4), la Charte Africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance. La plupart des constitutions des pays africains, tout comme celle du Tchad, ont intégré les normes de la démocratie et donc des élections justes et honnêtes. C’est ainsi que la Constitution de la République du Tchad de mai 2018 dispose en son article 3, al. 1er que « la souveraineté appartient au peuple qui l’exerce soit directement par référendum, soit indirectement par l’intermédiaire de ses représentants élus ».

C’est donc pour créer un cadre adéquat à l’organisation des élections que la loi N° 003/PR/2019 portant code électoral, révisée le 1er mars 2019, a été promulguée. 

Il faut par ailleurs mentionner au passage que la participation des femmes dans les instances de décisions est constitutionnelle et s’est traduite par l’adoption de l’ordonnance N° 12/PR/2018 instituant la parité dans les fonctions nominatives et électives par, entre autres l’attribution d’un quota de 30% aux femmes dans les fonctions (…) électives.

La résolution n°66/163 adoptée le 19 décembre 2011 par l’Assemblée générale des Nations Unies. Selon cette résolution, « …la démocratie est une valeur universelle qui procède de la volonté librement exprimée des peuples de définir leur propre système politique, économique, social et culturel et qui repose sur leur pleine participation à tous les aspects de leur existence ».

Il convient de noter que partout où l’on parle de démocratie, on parle aussi d’État de droit. En réalité, il existe un lien étroit entre la démocratie et l’État de droit.

Mais alors qu’est-ce que les élections ?

Le Lexique de science politique/Vie et institutions politiques définit l’élection en les termes suivants : « technique de désignation des gouvernants recourant à une procédure de vote ». Essayons de comprendre cette définition. 

•          Élire, c’est choisir une ou plusieurs personnes parmi d’autres en utilisant une technique appelée « le vote ». Mais quand on parle de vote, de quoi s’agit-il ? Le dictionnaire cité ci-dessus, nous fournit la définition suivante : Le vote, c’est une « procédure formelle destinée à dégager un choix collectif par le décompte de choix individuels ». 

•          Notons bien ceci : le vote permet de connaître le choix, la volonté d’un groupe. Ce groupe peut être de petite taille ou de grande taille ; par exemple : le groupe peut être une association de 3 personnes ; ça peut aussi être les habitants d’un quartier ou d’un pays tout entier.

•          Le vote est « une procédure formelle » ou « une technique ». Pour quelles raisons ? Le vote se déroule conformément à des règles bien précises. Pour connaître la volonté du groupe (par exemple lequel des candidats le groupe veut-il pour le représenter ?), il faut utiliser une démarche comportant plusieurs étapes successives. Ainsi, on demande tout d’abord à chaque membre d’exprimer son propre choix. Ensuite, on compte, par exemple ceux qui ont choisi A et ceux qui ont choisi B. Enfin, on compare les résultats. Si ceux qui sont pour B sont les plus nombreux, alors on déclare que le groupe a choisi B. Voilà, on est passé par la connaissance des volontés individuelles pour connaître la volonté de la majorité des membres du groupe !

Les femmes des hub 03 et 04 en pleine session de formation. Crédit Photo : PILC

Pourquoi la question autour de la participation des femmes aux processus électoraux est-elle au centre des préoccupations du PILC ?

Les évolutions sociologiques ne vont pas toujours en faveur des femmes. Le système patriarcal de plus en plus égoïste met à l’écart la femme et sa participation dans la gestion de la chose publique, la cantonnant à un rôle de ménagère. Depuis des siècles, des femmes à travers le monde ont dû se battre pour avoir le droit de voter, de conduire un véhicule, de choisir leur époux, de s’affirmer tout simplement. Et ceci reste une lutte du quotidien, toujours pas gagné d’avance. La preuve, on parle encore de l’équité dans la participation des femmes aux élections au Tchad. Preuve que les efforts ne sont pas encore suffisants vis-à-vis des femmes qui représentent ay moins 52% de la population tchadienne. 

Pour le PILC, chaque lutte est importante et celle-ci en particulier car plus de femmes dans la gestion des choses de la cité, c’est d’abord la garantie du respect des droits humains et ensuite l’assurance que celles-ci seront à même de mieux défendre leurs intérêts qu’ils ne les ont été jusque-là.

1er jour de formation au CAFOD. Crédit Photo : PILC

C’est pour cela que PILC a réuni au total 100 femmes de différentes corporations : leaders de partis politiques, mouvements associatifs pour les formés autour de plusieurs questions afin de les outiller en vue d’une participation plus équitable aux élections. Il s’agit entre autres du sens et de l’importance des élections dans un État démocratique, l’organisation des élections, les institutions impliquées dans l’organisation des élections, les infractions et sanctions afférentes aux élections. Mais pas que, il y a également eu les techniques d’animation, de sensibilisation et de plaidoyer et la question de la citoyenneté. Tout cela dans le but que les femmes soient outillées afin de véhiculer les valeurs démocratiques, les luttes pour la justice sociale et l’engouement des millions des femmes tchadiennes pour les questions électorales.

Cinquante femmes leaders des partis politiques et des mouvements associatifs sont formées sur leurs participations aux processus électoraux

Jamais la société n’a été autant préoccupée par la situation de la femme dans le monde. Ces dernières décennies les questions liées aux droits des femmes alimentent des émissions de télévisions, radio, internet, les colloques, les conférences etc. La société tchadienne n’est pas du reste et la participation de la femme dans le processus électoral est au cœur des préoccupations du PILC à travers son partenariat avec National Endowment for Democracy (NED). Ce projet révèle des grands problèmes de types socioculturels comme le poids de la tradition, la religion, le manque de culture politique et l’égoïsme des hommes qui n’encouragent pas la participation de la femme au jeu politique qui continuent de reléguer la femme à un rôle de second plan.

En dépit de l’ouverture démocratique, des discours et politiques de promotion en faveur de la femme tchadienne dans les domaines de l’alphabétisation, de la scolarisation, de la santé, de l’emploi, de l’administration, du politique, du développement…, le fossé entre les hommes et les femmes reste encore important au Tchad.

C’est dans la perspective d’un changement positif de gouvernance que l’implication des femmes est nécessaire d’où la pertinence du présent projet de mobiliser la gent féminine pour les élections communales, législatives et présidentielles à venir dans un contexte normalisé. Les femmes doivent monter au créneau pour revendiquer leurs droits et assurer leur avenir. Et tout ceci n’est possible que si elles font valoir leurs voix en participant à des élections en tant qu’électrices et candidates. Et l’atelier vient à point nommé pour davantage renforcer les capacités de 100 femmes leaders des partis politiques et des mouvements associatifs en deux séquences de 50 femmes par atelier.

Un atelier au profit de 50 femmes…

Pendant trois jours, du 04 au 06 juillet 2022 dans les locaux du CEFOD à N’Djaména, s’est déroulé un atelier de renforcement de capacité des femmes leaders politiques et des mouvements associatifs. Elles étaient une cinquantaine venue de Massakory, N’Djaména, Koundoul, Mandelia, Guelendeng, Bongor, Pala, Léré, Lamé, Kélo, Laï, Gounougaya et Donomanga. Ces femmes ont représenté leurs partis politiques, les organisations de la société civile et les groupements féminins avec un objectif principal : celui de renforcer les capacités organisationnelles de cinquante (50) femmes leaders des partis politiques et des mouvements associatifs afin de maximiser leur implication active dans les prochaines échéances électorales. Mais pas que ! Il était également question de rendre les femmes capables de faire une analyse de la situation socio-politique et économique du Tchad, les amener à être capables d’élaborer et de défendre un bon projet de société et permettre aux organisations des femmes de construire un mouvement/lobbying pour des actions de plaidoyer.

Formation de 50 femmes au CEFOD. Crédit Photo : PILC

… Particulièrement riche en contenus

Pour s’assurer que les 50 femmes soient capables de faire une analyse de la situation socio-politique et économique du Tchad, d’élaborer et de défendre un bon projet de société, de construire un mouvement/lobbying pour des actions de plaidoyer autour d’une cause commune, l’atelier sera co-animé par des juristes de renoms, membres du pool des formateurs du PILC. L’animation sera sous forme de conférence et discussions sur les questions électorales, la citoyenneté, les techniques d’animation et de plaidoyer.

Tout d’abord, les participantes ont bénéficié d’une large connaissance sur la citoyenneté et ses valeurs, les droits et devoirs du citoyen, les traits de la citoyenneté moderne, la situation de la citoyenneté au Tchad, mobilisation et participation, les obstacles et défis de la citoyenneté de la femme qui ont permis de comprendre la neutralité et l’universalité du droit sur la question. Le formateur d’insister qu’exercer la citoyenneté signifie : défendre ses propres droits et chercher à les rendre effectifs, en respectant les droits des autres et en contribuant à ce que lesdits droits soient également réalisés, agir solidairement au sein de la communauté, en assumant des responsabilités et en participant activement aux décisions d’intérêt général, chercher par des moyens pacifiques, la construction d’une société juste et démocratique, où la personne humaine, considérée universellement, est la première des valeurs et où tous sont libres et égaux en dignité et en droits.

Crédit Photo : PILC

Ensuite les cinquante femmes bénéficiaires de cette formation se sont penchées sous l’égide du formateur sur les questions liées au sens et à l’importance des élections dans un Étant démocratique, l’organisation des élections, les acteurs des élections le contentieux électoral et les infractions et sanctions afférentes.

Mais alors pourquoi vote-t-on ? Le dictionnaire de science politique dit ceci : « Dans les démocraties modernes, le vote est la principale technique permettant de désigner les gouvernants ». Il faut donc comprendre que : 

  • Le vote a un lien étroit avec la démocratie : Pourquoi ? Parce que la démocratie est basée sur le respect de la volonté du peuple. L’article 21, alinéa 3 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ne dit-il pas que « la volonté du peuple est le fondement de l’autorité des pouvoirs publics » ? Or, il est très difficile de savoir ce que veut réellement un peuple. C’est pourquoi l’article précité poursuit en disant que « cette volonté doit s’exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement ». Il est donc clair que le vote constitue le principal moyen qui permet de connaître la volonté du peuple. Mais tout ne s’arrête pas là. 
  • L’élection permet aux personnalités élus de devenir des représentants légitimes. Si, par exemple, quelqu’un est élu député, il devient automatiquement une personnalité connue et reconnue par la population. 

L’élection est donc un catalyseur qui transforme les besoins des gouvernés en décisions obligatoires et applicables.

            Dans le même élan, le chapitre sur le contentieux électoral a permis aux participantes de comprendre que les élections sont organisées sur la base d’une loi. Et le non-respect de cette loi peut donner lieu à des contestations par les parties impliquées. La procédure contentieuse selon le type d’élection. Une occasion de parcourir quelques articles clés du code électoral afin de les étayer davantage. 

            Enfin, un troisième module et pas des moindre est animé sur les techniques d’animation, de sensibilisation et de plaidoyer. Ont été abordés les questions sur le sens de la sensibilisation pour un vote, l’animation, les bons messages pour atteindre le public, la planification de la campagne

Avis de quelques participantes à la formation

https://fb.watch/evBTXf1JoC/

1ère phase du projet ‘’participation des femmes aux processus électoraux au Tchad’’ : mieux outiller les acteurs clés pour un impact conséquent

Dans le cadre de la mise sur pieds de son projet de ‘’Participation des femmes aux processus électoraux’’ financé par National Endowment for Democracy (NED), le Public Interest Law Center (PILC) a déployé la première phase dudit projet de février 2021 à janvier 2022 selon un programme taillé sur mesure favorisant la compréhension des enjeux genres liés aux principes démocratiques dont la participation des femmes aux élections.

Véritable question de droit, la citoyenneté féminine a été centrée sur l’exclusion des femmes du domaine public depuis les années 1791. Cette exclusion, pose de grands problèmes liés aux droits de la femme.  Il en est ainsi de la femme tchadienne et de sa place dans la société qui est une véritable problématique de la citoyenneté. 

Dans la tradition libérale, la citoyenneté est définie comme un ensemble des droits ; le « citoyen » est un « sujet de droits », un sujet qui a des droits. La manière la plus courante de penser la citoyenneté, c’est à travers l’existence des droits de l’homme à portée universelle. La difficulté principale à laquelle se heurte la définition de la citoyenneté est le jugement négatif sur le rôle du droit dans la société. Ce rôle était vu comme un instrument masculin visant à ordonner la société à sa mesure. La neutralité et l’universalité du droit ont toujours été contestées par les femmes, qui, selon les époques historiques, ont utilisé tour à tour pour atteindre le même objectif : la dénonciation de leur exclusion du domaine public.

C’est aussi le travail que le PILC s’astreint de mener avec abnégation en impliquant les partis politiques, les Organisations de la Société Civile, les autorités administratives, traditionnelles et religieuses, les médias, les animateurs du PILC, les associations et groupements féminins.

Le bien-fondé de la participation des femmes aux processus électoraux

La question de l’égalité est aussi vieille que le monde et les luttes n’ont guère cessé afin d’arriver un jour à un statut de parité et de respect des droits entre les hommes et les femmes. La gestion de la chose publique longtemps réservée aux hommes (pas toujours pour les meilleures raisons) fait prendre conscience qu’une approche féminine et féministe est possible et que l’égalité peut avoir droit de cité. Ainsi, l’objectif de ce projet est de contribuer au renforcement du processus démocratique par la représentation des femmes dans les instances des décisions à travers les processus électoraux. Il s’agit spécifiquement de :

– Mobiliser les femmes en général et celles leaders des organisations autour des questions de la participation de la femme aux processus électoraux ;

– Améliorer la perception du rôle des femmes dans la gestion politique par l’éducation civique électorale de la population ;

– Aider à la construction du mouvement par les organisations des femmes pour des actions de plaidoyer et de soutien aux femmes candidates.

Un programme déployé dans sa première phase en trois parties

Mettre sur pieds un projet d’envergure nationale exige des approches adaptées pour s’assurer de toucher le maximum de cibles possible. Pour atteindre les objectifs, les activités ont été réparties en trois sous phases. La première allant du 01 février au 30 mai 2021, la seconde du 01 juin au 30 septembre et la troisième d’octobre à décembre de la même année. 

Première vague du 1er Février-30Mai 2021

Pendant un trimestre, des équipes du PILC ont fait plusieurs travaux de terrains dans différentes villes du Tchad et animer plusieurs ateliers. Durant cette période allant de Février à Mai, le projet a réalisé des activités allant majoritairement dans le sens de la préparation du terrain. A cet effet, il a été question :

  • Du lancement et de la finalisation de recrutement du staff du projet ;
  • La cartographie et identification des participants pour le renforcement des capacités (15 Journalistes, 25 femmes leaders politiques et membres des organisations de la société civile (OSC), 15 animateurs et points focaux) ;
  • Le premier numéro du journal « Le Para juriste » publié grâce au financement du NED. Il a pour but de favoriser le partage d’expériences et un apprentissage continu entre les parajuristes, de manière à mieux les outiller pour les séances de sensibilisation des populations, sur l’accès à la justice et la promotion de la Démocratie. Publié en 833 exemplaires, ce bulletin « Le Para juriste » qui parait une fois chaque 4 mois, est également mis en ligne sur le site du PILC.

C’était également une période particulièrement agitée car rythmée par les préparatifs et les élections présidentielle. L’actualité du pays en cette période se prêtait à l’exercice du PILC qui est de faire comprendre tous les enjeux liés à la participation des femmes aux processus électoraux.

Deuxième vague du 1er juin au 30 septembre 2021

Lors de cette deuxième vague, il y a eu principalement :

La formation des journalistes :

La formation des journalistes a eu lieu du 16 au 18 juin 2021 à la maison des Médias. Me Koulmem Nadjiro et le Dr Yedjibaye Yemingar Ngueto ont assuré ladite formation. L’objectif de la formation est de faire des journalistes des partenaires stratégiques pour la mobilisation des femmes dans le processus électoral et donner de la visibilité aux actions du projet. Les journalistes ont reçu des stratégies pouvant leur permettre de mieux formuler des questions adressées aux leaders politiques. La constitution des panels pour des débats politiques, les choix des questions et de leur destinataire ont été longuement débattus. Les participants ont mis en exergue l’incidence de la pertinence des questions sur la perception par le public des forces et des faiblesses des hommes et des femmes politiques. Dans la mesure où la plupart des électeurs n’ont pas de rapport direct avec les candidats, la formation a permis aux journalistes de prendre conscience de leur rôle pour amener les femmes candidates à bien exposer leur programme et à le défendre, mais aussi à ce qu’elles répondent aux préoccupations du public. Ils ont aussi pris conscience de leur rôle dans l’identification des questions ayant trait à la vie politique et à encourager les femmes à plus s’exprimer sur la scène politique.

Séance de formation avec les journalistes. Crédit Photo : PILC
  • La formation des formateurs (animateurs et points focaux du PILC) :

La formation des formateurs (animateurs et points focaux du PILC) a eu lieu à la maison des Médias du 16 au 18 juin 2021 de 8h à 16h. Cette session de formation a été Co- animée par Mme ILDJIMA Agnès et M. ASBAKREO FITTOUIN tous les deux juristes, spécialistes du genre et membre du pool des formateurs du PILC. 

Cette formation a pour but de sensibiliser les participants sur la question électorale et leur permettre de dupliquer en retour la formation aux Para juristes qui constituent la cheville ouvrière du PILC en matière de sensibilisation des populations.

  • La formation des femmes leaders des partis politiques et organisations de la société civile :

Du 30 mai au 02 juin 2021 de 8h à 16h, à la maison des Médias de N’Djamena, la formation des femmes leaders des partis politiques et organisations de la société civile sur la question électorale était animée par Me KOULMEM NADJIRO et M. ASBAKREO FITTOUIN respectivement, avocate au barreau du Tchad et juriste spécialiste du genre, tous les deux membres du pool des formateurs. A la fin de la formation, les participantes ont affirmé avoir acquis de nouvelles connaissances et pris conscience de l’importance de leur participation aux processus électoraux. Certaines déclarent être conscientes désormais que les femmes sont égales aux hommes et que les deux sont des partenaires dans le processus démocratique. Elles ont compris qu’elles peuvent être militantes, éligibles et électrices, et leurs contributions sont essentielles pour bâtir une société forte et dynamique. L’occasion leur a été donnée de prendre des engagements pour restituer cette formation à leur base afin d’inciter les femmes à se présenter aux élections.

Formation des femmes leaders des partis politiques et OSC. Crédit Photo : PILC
  • La production des outils de communication :

La production des outils de communication telle que :

  • le journal du para juriste en 833 exemplaires. Ce numéro a mis le projecteur sur le projet et ses objectifs tout en éclairant les lecteurs sur les autres activités du PILC ;
  • 100 tee-shirts ont été imprimés pour la sensibilisation sur les questions électorales ;
  • Une émission télévisée a été réalisée et diffusée à la télévision Electron TV Canal 291 afin de discuter de la participation de la femme dans la politique, des enjeux et des perspectives dans le contexte actuel. Le thème ‘’Femmes et politique’’ a été débattu durant 02 heures d’horloge par 02 femmes leaders politique et de la société civile ; 
  • Une émission radio a également été animée sur le thème ‘’Femme-Politique-Religion’’.

Troisième vague du 1er octobre 2021 au 30 janvier 2022

Cette dernière phase a vu naitre le dialogue intergénérationnel (Forum) de haut niveau qui a réuni les institutions internationales et nationales, les leaders religieux et traditionnels, les membres de la société civile et les partis politiques des 14 localités a aidé à casser le mythe sur la faible participation et représentation des femmes causée par les facteurs tels que: la persistance des inégalités et les disparités de genre à tous les niveaux, le poids de certaines pratiques culturelles et religieuses néfastes, discriminatoires qui, fréquemment relèguent la femme au second rang, renforçant ainsi les notions patriarcales d’incapacité des femmes à la direction, la perpétuation des violences contre les femmes au cours du cycle électoral, l’illettrisme (89% des femmes au Tchad), la dépendance économique des femmes aux hommes…

Ce dialogue a été une occasion pour trouver des méthodes et techniques de concert avec les participants qui devront s’engager pour : mobiliser les femmes en général et celles leaders des organisations autour des questions de la participation de la femme aux processus électoraux, améliorer la perception du rôle des femmes dans la gestion politique par l’éducation civique électorale de la population et aider à la construction du mouvement par les organisations des femmes pour des actions de plaidoyer et de soutien aux femmes candidates.

Les participants au forum intergénérationnel. Crédit Photo : PILC

Les restitutions

Ensuite, il y a eu la restitution des formations des Femmes leaders, des Journalistes, des Animateurs et Points Focaux en sensibilisant la population à l’exemple des associations et groupements féminins dans différentes localités sur la nécessité de la participation de la femme aux processus électoraux. L’objectif global de la restitution était de susciter l’intérêt des femmes, de les mobiliser et de les outiller afin de promouvoir leur participation dans tous les processus électoraux et de les impliquer dans la gestion des conflits liés aux élections, de rappeler les droits fondamentaux et les devoirs du citoyen afin de les informer encore et d’avantage sur les droits inaliénables et inviolables. Les rapports de restitution (émissions, articles, rencontres, …) ont ensuite été envoyés au PILC. 

S’en est suivie une restitution de la formation aux Para Juristes qui constituent la cheville ouvrière du PILC par les animateurs et Points Focaux dans l’objectif de toucher la grande partie de la population de la zone d’intervention de PILC. Le forum quant à lui a fait l’objet d’une évaluation le 20 Janvier 2022.

Examen et évaluation de la première phase du projet de la participation des femmes aux processus électoraux

De février 2021 à janvier 2022, des activités ont été réalisées allant dans le sens de l’implication des femmes dans le processus électoral. L’objectif de ce projet est de contribuer au renforcement du processus démocratique par la représentation des femmes dans les instances des décisions à travers les processus électoraux. Toutes les activités telles les formations, la sensibilisation, la production des outils de communication (journal, tee-shirt) ont été bien exécutées sans grandes difficultés. 

Exceptionnellement, il faut relever le désistement à la dernière minute de certains partis politiques tel que le Mouvement Patriotique du Salut (MPS) dans les séances de formations et émissions radio-télévisées sans justification.

Les femmes ont démontré leur capacité à s’auto organiser et les activités que le PILC avec le soutien de NED met en œuvre à travers ce projet vont inévitablement garantir les droits électoraux des femmes et accroître leur participation aux élections future à la fin de la transition qui durera 18 mois. Toutes les mesures nécessaires pour éliminer les inégalités, fixer des objectifs et prendre des mesures de sensibilisation visant à susciter un changement durable des mentalités et des traditions afin que la participation des femmes aux élections soit pleine et entière à tous les niveaux sont en train d’être consolidés avec les partenaires stratégiques identifiés qui sont renforcés.

La sous-représentation des femmes dans l’exercice des fonctions électives et à dans les instances dirigeantes entrave le plein épanouissement de la démocratie. Pourtant, leur présence au sein des parlements et des autres assemblées élues est une composante essentielle de la démocratie. Les médias sont sensibilisés à ce sujet, et intégrés dans les programmes d’éducation civique de l’électorat. Ils vont informer, éduquer la population et spécifiquement les femmes pour leurs participation et représentation aux processus en tant que votant comme candidates. Il est cependant indispensable de noter que les femmes ne disposent pas de ressources à investir dans la couverture médiatique de leur programme politique. Se basant sur les programmes spécifiques de formation sur la participation aux processus électoraux à destination des femmes qui ont été déroulés lors des formations, nous pouvons affirmer que la tendance va se renverser aux élections futures et que nous assisterons à un mouvement fort féminin lors des présidentielles, législatives et municipales pour la démocratie.